PIPARV-B : Augmenter la production agricole tout en préservant l’environnement

Les bénéficiaires du Projet d’Intensification de la Production Agricole et de Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B) financé par le FIDA témoignent que la production agricole sera bonne grâce à l’usage des nouvelles semences et fertilisants octroyés par le PIPARV-B. De plus, des pépinières des plants agroforestiers pour préserver l’environnement et faire face aux effets des changements climatiques ont été mises en place

« Le PIPARV-B est un projet du gouvernement du Burundi financé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA). Un projet innovant, le PIPARV-B est articulé autour de 2 composantes techniques dont l’aménagement intégré des terroirs et la structuration communautaire inclusive, l’amélioration de la productivité, la valorisation et la diversification par le développement des coopératives. Il a pour objectif spécifique de contribuer à l’augmentation durable des revenus et à l’amélioration des conditions de vie des ménages bénéficiaires, surtout des femmes et des jeunes ruraux à travers le développement des systèmes de production diversifiés, adaptés à une pression démographique croissante et résilients au changement climatique», indique Elie Buzoya, responsable de la composante Structuration communautaire inclusive, amélioration de la productivité, la valorisation et la diversification par le développement des coopératives. Il fait savoir que l’objectif global du PIPARVB est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de résilience des populations rurales par une approche de gestion intégrée des terroirs grâce à une utilisation optimale des ressources naturelles adaptées à une pression démographique croissante. Il informe que les cibles de ce projet sont les ménages ruraux du plateau central du Burundi surtout les femmes, les jeunes et la communauté autochtone « Batwa ».

«Au moment où la plupart des burundais vivent de l’agriculture et l’élevage, le PIPARV-B vient à point nommé pour les appuyer », indique M.Buzoya. Il précise que pour faire face à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté, 15.000 tonnes de semences de maïs hybride ont été distribués aux populations bénéficiaires et les ont cultivés dans les marais d’une superficie de 500 hectares.

La valeur ajoutée du maïs hybride  

Maïs hybride

D’après M.Buzoya, comparativement au maïs composite, le maïs hybride est très productif. Ce qui permet d’augmenter le rendement, en témoigne la production par hectare. « Pour le maïs composite, quand on investit tout le paquet technique qu’il faut, on obtient un rendement d’à peu près 2 tonnes par ha. Pour le maïs hybride, on peut atteindre un rendement même de 5 tonnes par hectare », indique-t-il. Concernant la durée de maturité du maïs hybride par rapport au maïs composite, M.Buzoya précise qu’il n’y a pas une grande différence. Pour le maïs composite, dit-il, la période de maturité pour passer à la récolte est de 4 mois alors qu’elle est de 5 mois pour le maïs hybride.

Quid de l’aspect genre ?

M. Buzoya fait savoir que dans l’exécution du PIPARV-B, l’aspect genre a été pris en compte car, dans tous les groupements, le nombre de femmes est plus élevé que celui des hommes. Il précise que le volet genre s’occupe de différents aspects. « Il s’agit donc du renforcement des capacités en terme genre et développement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, la formation des jeunes ruraux sur l’entrepreneuriat et la promotion des foyers améliorés pour alléger la souffrance de la femme qui, jadis était contraint de parcourir des distances à la recherche du bois de chauffage », informe-t-il.

Des plantes agro fourragères, agroforestières et forestières à double rôle   

Plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers en pépinières

Au niveau de la préservation de l’environnement et résilience aux changements climatiques, M. Buzoya indique que 4.550.000 plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers ont été préparés dans les pépinières. Il signale que 815 kg de semences de plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers ont été distribués dans le cadre de la promotion de la production des plants en pépinières. Il ajoute que le projet a disponibilisé des matériels comme les arrosoirs, les brouettes, les pulvérisateurs, etc.

D’après M. Buzoya, les plantes agro fourragères, agro forestières et forestières jouent un double rôle. D’une part, dit-il, ces plantes jouent un rôle de production agricole et d’autre part, la préservation de l’environnement en vue de faire face aux effets de changements climatiques. Les plants agroforestiers interviennent dans la fertilité du sol car ils participent à la lutte contre l’érosion. Les agro fourragers quant à elles servent à l’alimentation du bétail.  Pour M.Buzoya, si le bétail est bien nourri, il produit de la fumure organique qui, à son  tour participe à la production agricole. De plus, ajoute Buzoya, ces plantes jouent également un rôle de la couverture des sols, de la réduction de l’érosion des sols et «Si le sol est couvert, il y a la fertilité et la lutte contre le ruissellement», souligne-t-il.

Pour lutter contre la chenille légionnaire, ravageuse de champs de maïs, le projet a distribué 200 kg des produits phytosanitaires. En plus de ces produits phytosanitaires, M.Buzoya conseille la population à la lutte mécanique qui consiste à enlever les chenilles qui sont dans les plants car, cette dernière constitue un mécanisme adéquat.

Les bénéficiaires s’en réjouissent

Les bénéficiaires du PIPARV-B se disent satisfaits des acquis enregistrés. En commune Marangara de la province Ngozi, les bénéficiaires témoignent de la bonne production agricole au cours de la saison culturale A. Cela grâce aux semences de maïs hybride et de fertilisants organiques octroyés par le PIPARV-B. Ces bénéficiaires demandent au FIDA et au gouvernement du Burundi de revoir à la hausse la quantité de fertilisants qu’ils distribuent. Ils leur demandent également de disponibiliser les produits phytosanitaires en quantité suffisante afin de lutter contre les chenilles ravageurs de champs de maïs.

Champ de maïs hybride

Virginie Ntawuhorahiriwe est cultivatrice. Elle habite la commune de Giheta, province Gitega. Elle a 10 enfants. Elle est bénéficiaire du PIPARV-B. « Le PIPARV-B nous a octroyé des semences de maïs hybride, des fertilisants ainsi que des produits phytosanitaires », indique-t-elle. Elles sont  au nombre de 151 exploitants du marais de Ndaro. Ces bénéficiaires partagent un champ de maïs hybride d’une superficie de 12,5 ha dans le cadre de l’augmentation de la production agricole pour faire face aux effets de la Covid-19. Mme Ntawuhorahiriwe témoigne de l’augmentation de la production agricole dans cette saison culturale A. «Auparavant, on pratiquait la polyculture avec peu de fertilisants, d’où un rendement faible. Sur un hectare, on récoltait 2.5 tonnes de maïs composite.Actuellement, sur la même superficie, on pratique la monoculture avec une variété des semences de maïs hybride, le rendement a augmenté  jusqu’à 5 tonnes», précise-t-elle. Elle espère avoir une amélioration des conditions de vie dans son ménage après la récolte.

Un autre champ de maïs hybride de 25 ha a été cultivé dans le marais de Nyamugerera en commune Mwumba de la province de Ngozi dans le cadre de maintenir les actions de l’augmentation de la production pour faire face aux effets de la Covid-19. Les bénéficiaires s’en réjouissent.

Plus de 4.550.000 plants agroforestiers pour préserver l’environnement et faire face aux changements climatiques

Des pépinières de 65.000 plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers ont été installées sur la colline Musonge, commune Nyamurenza en province de Ngozi. En plus de ces derniers, d’autres pépinières de 48.850 plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers ont été préparées sur la colline Nkuba, commune Kayanza. Les bénéficiaires se réjouissent de travailler en associations car disent-ils, il s’agit d’échanger d’expériences, de préserver le sol cultivable car ces plantes agro fourragères, agro forestières et forestières vont contribuer à la protection de l’environnement et à l’enrichissement du sol par le maintien de son humidité et la lutte antiérosive.

Sarclage des plants agrofourragers, agroforestiers et forestiers en pépinières

Jérôme Barakamfitiye est un agronome de la colline Korane de la commune de Giheta en province de Gitega. Il indique que le FIDA, à travers le PIPARV-B, a octroyé des semences d’agro fourragers, agroforestiers et forestiers aux bénéficiaires pour le semis en pépinière. D’après lui, le PIPARVB est un projet innovant. Il fait savoir qu’actuellement, 62.000 plants agro fourragers, agroforestiers et forestiers ont été préparés dans les pépinières situées sur la colline Korane. Il informe que ces plants seront distribués et plantés sur quatre collines environnantes.

Perspectives du PIPARV-B

Selon M.Buzoya, le PIPARV-B compte, au mois de janvier et février, distribuer aux bénéficiaires 4.736 caprins et plus des porcins. D’autres cultures seront diffusées notamment la variété de haricot bio fortifié, de semences maraîchères et fruitiers.

Le projet intervient dans cinq provinces du Plateau Central à savoir : Karuzi, Kayanza, Ngozi,   Gitega et Muyinga.

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