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PIPARV-B : Pour améliorer les conditions de vie des populations pauvres

En 2019, sur le financement du Fonds International de Développement Agricole (FIDA), le Gouvernement du Burundi a lancé le Projet d’Intensification de la Production Agricole et de la Réduction de la Vulnérabilité au Burundi (PIPARV-B). L’objectif de ce dernier est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie et de résilience des populations rurales. Ainsi, des hectares de cultures de maïs ont été emblavés dans les marais et sur les collines, des chèvres et des porcs ont été diffusés. En plus de la production agricole et animale, le PIPARV-B intervient aussi dans la lutte contre les effets des changements climatiques. Les bénéficiaires du projet indiquent que les résultats sont prometteurs   

 Les bénéficiaires du projet affirment qu’avant le PIPARV-B, ils vivaient une situation de précarité extrême et n’étaient pas suffisamment outillés en techniques agricoles modernes. Ils précisent qu’ils utilisaient les techniques agricoles archaïques. Cependant, grâce à la formation et au renforcement des capacités des propriétaires terriens sur la mise en commun des terrains de cultures, ils ont adopté une approche de cultures en bloc. En plus de la formation, ils affirment  qu’ils ont bénéficié des semences sélectionnées et des fertilisants. Raison pour laquelle ils espèrent avoir une bonne récolte au regard de l’aspect végétatif des plantes et, partant, les meilleures conditions de vie.

Adelaïde Ntegamaherezo, membre de l’association des exploitants du marais de Nayandaro

Adelaïde Ntegamaherezo est membre de l’association des exploitants du marais de Nayandaro de la commune Kabarore, Province Kayanza. Elle précise: « Auparavant, je cultivais comme bon me semble. De plus, les semences n’étaient pas sélectionnées. Ce qui donnait un rendement presque nul. Actuellement, avec une variété de maïs hybride, j’espère avoir une bonne récolte».  Elle ajoute qu’avant le PIPARV-B, la population semait, mais récoltait une petite quantité qui servait uniquement pour la grillade. De surcroît, elle se dit confiante qu’avec les nouvelles techniques agricoles et la nouvelle variété de maïs hybride, la population aura à manger grillé ou cuit, à transformer en farine et un surplus à vendre pour subvenir à d’autres besoins. « Avec le PIPARV-B, le slogan du président de la République selon lequel chaque bouche doit avoir à manger et, chaque poche de l’argent, sera une réalité », dit-elle.

 Audace Ngendakumana est un moniteur agricole. Il est aussi président de la coopérative « Turwizibikorwa » des exploitants du marais de Nyamugerera de la colline Kayanza, zone Gatsinda commune Mwumba province Ngozi. « Avant que ce projet soit implanté dans cette localité, chacun cultivait à sa guise, il plantait des semences non sélectionnées et il semait aussi comme il veut. Mais, avec la formation que nous avons bénéficiée, nous avons changé les manières de travail et nous remarquons que les résultats sont prometteurs. Les cultures ont un aspect végétatif très rassurant. Nous aurons à manger et à vendre », dit-il d’un air confiant.

En plus de la culture du maïs hybride, le PIPARV-B a permis aussi l’intensification des cultures maraichères et des plants fruitiers.

Les pépiniéristes en tirent profit

Certains membres de l’association « Kazoza Keza » des pépiniéristes

Joseph Habonimana est président de l’association « Kazoza Keza » des pépiniéristes. Il habite sur la colline Yandaro, commune Kabarore en province Kayanza.  Il est père de 5 enfants. Pour lui, le PIPARV-B est venu à point nommé. Il fait savoir que les activités de ce projet leur ont été    utiles. « Avec l’avènement de ce projet, nous avons commencé à ériger ces pépinières et à fabriquer  des poquets à base des feuilles de bananiers. Le PIPARV-B nous achète les plantules. Il nous achète aussi ces poquets. Ce qui nous permet de gagner des sous ». Il souligne qu’avec l’argent qu’ils tirent de l’aménagement de ces pépinières, les membres de l’association parviennent à subvenir à certains besoins dont l’achat du matériel scolaire pour leurs enfants, le paiement des frais scolaires, des soins de santé,  etc.  Il se dit confiant qu’avec le PIPARV-B, la qualité de vie des populations vulnérables sera améliorée.

Adrienne Inamatama, membre de l’association « Kazoza Keza ». Elle  remercie le gouvernement pour avoir initié ce projet : « Auparavant, suite à la pauvreté qui gangrenait mon foyer, on se chamaillait souvent avec mon mari.  Actuellement, avec l’argent que je gagne de cette pépinière, je parviens à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de ma famille. D’ailleurs, les querelles qui étaient monnaie courante ont diminué. Actuellement, je peux m’acheter des habits sans toutefois compter sur mon conjoint. A voir les bienfaits du PIPARV-B, mon souhait serait qu’il atteigne ceux, des autres localités, qui n’ont pas encore été  atteints par le projet. »

Des porcs et des chèvres distribués aux familles plus pauvres.

Séraphine Mutumwinka, bénéficiaire d’un porc

En plus de l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires des actions du PIPARV-B, sur base de l’amélioration de la productivité agricole, le projet contribue aussi à l’amélioration de la qualité de vie sur base de la production animale. De surcroit, des porcs et des chèvres ont été distribués aux ménages à forte incidence de vulnérabilité.

Séraphine Mutumwinka habite la colline Songore, commune Kabarore en province Kayanza. Elle est bénéficiaire d’un porc. Elle indique qu’avec le porc qu’elle a bénéficié, le niveau de vie va changer. « Je n’avais jamais pratiqué l’élevage. Actuellement, j’élève un porc. J’espère que dans un proche avenir, j’aurais beaucoup de porcs. Ce qui me permettra de subvenir aux besoins de ma famille. Grâce à la fumure issue de ce porc, la récolte sera bonne. Que vive le PIPARV-B! »

Même son de cloche chez Pierre Mugabonutwiwe de la commune Mwumba, Province Ngozi. Il est bénéficiaire d’un porc. Il informe que grâce à la fumure issue de ce porc, il espère avoir une récolte suffisante par comparaison à la période où  il n’en avait pas.

Frida Minani est bénéficiaire d’une chèvre

A côté  des porcs, des chèvres ont été distribuées. Les bénéficiaires se disent satisfaits des bienfaits déjà constatés de cet élevage. Frida Minani habite sur la colline Mushitsi en commune Mwumba de la province Ngozi.  Elle est de la communauté Batwa (longtemps laissée dernière). Elle remercie le PIPARV-B pour lui avoir donné des chèvres. Elle révèle que c’est la première fois qu’elle pratique de l’élevage.  Elle ajoute que la chèvre qu’elle a bénéficiée constitue une grande fierté. « Auparavant, par manque de la fumure, là où je semais 5 kg de haricot ou de maïs, je récoltais deux kilos voire un seul. Actuellement, sur une même étendue et avec la même quantité de semences, j’espère récolter entre 12 et 15 kg. »

Qu’en est-il du suivi du petit bétail diffusé ?

Bernadette Nyabenda, un des Agents Communautaires de Santé Animale (ACSA)

Pour assurer le suivi régulier des porcs et des chèvres et veiller sur leur santé, le PIPARV-B a formé des Agents Communautaires de Santé Animale (ACSA). Afin d’optimiser  le partage des informations avec les autorités compétentes, le PIPARV-B a distribué des smartphones aux ACSA. Comme l’affirme certains ACSA, avec ces outils de communications, le partage d’informations devient fluide. Bernadette Nyabenda est l’une d’entre eux. Elle habite la colline Jene, zone Jene  Commune Kabarore de la province Kayanza. Elle indique que les smartphones servent pour la collecte et le partage des informations sur l’état de santé de ces animaux. « Si un porc ou une chèvre est malade ou est mort ou a mis bas, on communique dans le groupe WhatsApp qui réunit tous les intervenants dans le domaine. C’est la même chose quand on a besoin des médicaments pour soigner ces animaux. » Même si elle n’est pas une bénéficiaire directe, elle apprécie les actions du PIPARV-B car, dit-elle, « grâce à ce dernier, j’ai eu un emploi, un smartphone, un vélo, mais aussi une formation sur les techniques de traitement des animaux d’élevage. »

Les grandes réalisations dans les provinces Ngozi et Kayanza

David Nzisabira, coordonnateur des projets et programmes financés par le FIDA dans la région Nord

Durant les deux premières années de sa mise en oeuvre, le PIPARV-B a abouti à des résultats positifs dans les provinces Kayanza et Ngozi, à en croire les propos de David Nzisabira, coordonnateur des projets et programmes financés par le FIDA dans la région Nord. Comme il l’indique, dans les provinces de Kayanza et Ngozi, une superficie de plus de 653 ha de maïs hybrides ont été emblavés dans les marais avec plus de 1.581 ménages touchés tandis 1.515 ha ont été emblavés sur les collines touchant ainsi 11.874 ménages. A côté de la production agricole, le PIPARV-B a distribué 1.600 porcs et 1.363 chèvres. Il souligne que ces chiffres correspondent aux nombres de familles bénéficiaires.

En plus de la production agricole et animale, M. Nzisabira informe que le PIPARV-B intervient dans la protection de l’environnement. « Sur les collines de la zone d’intervention, nous installons des pépinières avec une gamme de variétés de plants à savoir : les plants agro-forestiers et fruitiers. Les plants forestiers sont utilisés dans le reboisement tandis que les plants fruitiers sont utilisés dans les exploitations agricoles. »

Dans la même démarche de protection de l’environnement, ajoute M.Nzisabira, des foyers améliorés ont été installés dans certains ménages. Ce qui réduit les effets des changements climatiques car, les bénéficiaires affirment qu’actuellement, ils utilisent le tiers du bois de chauffage qu’ils utilisaient auparavant. Et cela réduit le nombre d’arbres à abattre pour le bois de chauffage ou la  fabrication du charbon.

Le PIPARV-B à Gitega

Dans la province de Gitega, comme dans les provinces Kayanza et Ngozi, le PIPARV-B œuvre pour l’amélioration des conditions de vie des populations les plus pauvres. Les populations bénéficiaires s’en réjouissent. Ils affirment qu’au regard de l’aspect végétatif des cultures et à la multiplication des animaux d’élevage, les conditions de vie vont changer. 

Didace Ciza, coordonnateur des projets et programmes financés par le FIDA dans la région centre (Gitega, Muramvya et Karusi) se dit satisfait des résultats déjà atteints.

Didace Ciza, coordonnateur des projets et programmes financés par le FIDA dans la région centre (Gitega, Muramvya et Karusi) se dit satisfait des résultats déjà atteints. « Nous sommes satisfaits. Nous remarquons que les bénéficiaires et les encadreurs sont à l’œuvre. D’ici peu, la production sera bonne, puisque l’encadrement est très rapproché et les bénéficiaires sont très actifs. », souligne-t-il.

Dans les provinces Gitega et Karusi, le PIPARV-B intervient dans 10 communes dont 7 dans la province de Gitega et 3 dans la province de Karusi. Il travaille sur 90 collines dont 69 en province Gitega et 21 collines en province de  Karusi.

Les grandes réalisations

« Dans le volet agricole, pendant la saison C, dit marais, le PIPARV-B a diffusé environ 15 tonnes de maïs hybride variété Pan-53 avec un kit d’accompagnement fait de fertilisants organo-minéraux qui ont couvert une superficie de plus 576 ha », fait-il savoir avant d’informer qu’au cours de la saison A 2022, le PIPARV-B a diffusé  31.500 kg de maïs hybride qui ont couvert une superficie de plus de 1.500 ha. Il réaffirme qu’au regard de l’aspect végétatif, des cultures dans les marais et sur les collines, la   production est promettante.  De plus, poursuit M.Ciza, au cours de la saison C le projet a  distribué des semences maraichères.

« Dans le volet  élevage, le PIPARV-B est intervenu sur les collines citées ci-haut  où  il a distribué 320 porcins en province de Karusi et 828 en province de Gitega. Le projet a également distribué 1.280 caprins en province Gitega et 576 en province Karusi. », Précise-t-il.

Dans le volet de protection de l’environnement, le coordonnateur informe que le PIPARV-B, en collaboration avec les pépiniéristes, a aménagé des pépinières contenant environ 4.500.000 plants   d’eucalyptus, de calliandra, de cèdres, de grevillea qui permettront de protéger les collines dénudées, mais aussi de protéger les propriétés foncières contre l’érosion.

M.Ciza signale que le PIPARV-B intervient aussi sur le volet nutrition : « Nous avons constaté que si on a produit, il faut une éducation alimentaire. Il faut que ce qui a été produit puisse être bien utilisé pour la bonne santé de la population. C’est pourquoi nous avons procédé au dépistage de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, mais aussi chez les femmes enceintes et allaitantes. Pour la prise en charge, nous avons initié des Foyers d’Apprentissage nutritionnels (FARN). »

Notons que le projet couvre 5 provinces à savoir : Kayanza, Karuzi, Gitega, Muramvya, Muyinga et Ngozi, des provinces identifiées comme les plus peuplées avec des densités moyennes variant entre 400 et 600 hab/km2.  153.280 ménages des 20 communes et 218 collines seront touchés par le PIPARV-B.

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