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Plus de 4000 ménages du site Gasenyi crient au secours

La population de Gasenyi-Kabondo vit dans le calvaire. Après que le gouvernement ait saisi provisoirement cette localité pour abriter le palais présidentiel et les infrastructures connexes, la population qui n’a pas eu leurs indemnités  affirment vivre une misère sans nom. Ils indiquent qu’ils ne sont pas autorisés  à faire qui que ce soit dans le permettre de 160 ha. Ils demandent au gouvernement de leur venir en aide

« Nous ne sommes pas autorisés à construire, à réhabiliter leurs maisons, à vendre nos parcelles. Même quand un enfant atteint l’âge de se marier, on ne trouve pas où construire. De plus, nous n’avons pas où aller. Que le gouvernement responsable et laborieux entende notre crie. Nous sommes comme des prisonniers », lancent la population vivant dans 160 ha.

Ce terrain avait été réquisitionné par décret  no  100/128 du 23 juin 2016 portant révision du décret no 100/192 du 13 novembre 2009 portant déclaration provisoire d’utilité publique de la zone destinée à accueillir les infrastructures des services de la présidence de la République. En son article 1er, le décret stipule: « Est déclaré provisoirement d’utilité publique, le site de Gasenyi situé dans la commune Mutimbuzi de la province Bujumbura ».

Faisant référence à cet article, la population de cette localité indique qu’elle ne comprend pas comment elle n’a pas le droit de n’exercer aucune activité dans leurs parcelles alors que le décret parle que la zone est déclarée provisoirement  d’utilité publique.  L’article 2  quant à lui stipule que le site à une superficie de deux cent hectares et est limité par les points de l’alphabet français auxquels on ajoute les points Z1, Z2. Les habitants indiquent que la population qui vivait dans les 40  ha a eu leur indemnité. Et ceux qui vivent dans les 160 ha restants ne savent à quels saints se vouer.

De plus, les habitants vivant dans les 160 ha précisent que le gouvernement a pris une grande étendue par rapport aux infrastructures que devraient abriter le site. Ils font savoir que le site allait abriter la présidence, l’Assemblée Nationale, le Senat et certains ministères. Cependant, disent-ils, force est de constater que certaines infrastructures sont déjà érigées dans la capitale politique. Raison pour laquelle, ces habitant  jugent opportun que leurs parcelles leur soient réattribuées.

Ils demandent au président de la République de réagir

Les propriétaires des parcelles situées dans la localité de Gasenyi se sont coalisées et ont mis en place une commission chargée de suivre de près le dossier.

Emmanuel Niyongabo, président de cette commission

Emmanuel Niyongabo président de cette commission précise que cette dernière  a décidé de saisir la haute sphère. Et, le président de la République a, à travers un message adressé à cette commission tranquillisé les propriétaires. Il a indiqué  qu’il a mis en place une commission chargée de suivre le dossier. « J’ai mis en place une commission faite de certains de mes conseillers et de ceux du ministère de l’intérieur. Une issue favorable vous sera communiqué incessamment », a-t-il signifié. M. Emmanuel déplore cependant que depuis la réception de ce message d’apaisement, il y a de cela 3 mois. Aucun membre de ladite commission n’est jamais arrivé sur terrain pour recueillir les informations.

Selon Emmanuel, il ne s’agit pas réellement d’une décision gouvernementale mais plutôt d’un groupe de gens qui veulent s’accaparer de nos parcelles. « C’est incompréhensible que le gouvernement saisisse un terrain et ne l’exploite pas. Déjà, sept ans viennent de passer sans qu’aucune activité ne soit réalisée sur ce terrain. Nous demandons au président de la République de réagir. Il informe que cette localité abrite plus de 4000 ménages.

Se référant à la lettre leur envoyé par le conseiller juridique du Gouverneur de la Province Bujumbura leur indiquant de ne plus réaliser aucune activité, les habitants de cette localité disent ne pas comprendre  comment une décision du gouverneur abroge un décret présidentiel. Il demande au gouvernement à  démontrer réellement qu’il est«  Mvyeyi » envers eux car, estiment-ils, un parent doit avoir toujours souci de ses enfants. De plus, la population demande aux députés et sénateurs élus dans la province Bujumbura de plaider en leurs faveurs.

Désiré Nsengiyumva, gouverneur de la province Bujumbura indique que les habitants de la localité sont autorisés à faire qui que ce soit sauf ériger les grandes constructions en durs : «  Nous avons interdit les grandes constructions et les constructions de grandes valeurs,  mais ils sont autorisés à réhabiliter  les maisons, à creuser les toilettes, mais aussi à cultiver ». Par rapport aux inquiétudes des parents face à l’inscription de leurs enfants aux écoles de la localité ou d’ailleurs, le gouverneur leur conseille de faire inscrire leurs enfants aux écoles de la localité. Il promet que s’il arrive que les familles soient obligées de quitter les lieux, les enfants seront accompagnés afin de trouver des places dans  d’autres écoles.  

Notons que dans cette localité, on y trouve des chantiers laissés, il y a des années, des maisons déjà effondrées, des maisons en bois et en pailles ainsi que des fondations délaissées.    

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