Plus de 80 millions d’USD pour alimenter en eau potable la ville de Bujumbura à l’horizon 2030

L’urbanisation de la Mairie de Bujumbura et l’augmentation de plus en plus rapide de la population urbaine imposent le réaménagement de l’alimentation en eau propre de la ville. Cela par la réhabilitation et la création de stations de pompages dont l’une au nord et l’autre au sud de la capitale. Sinon, le déficit en eau potable sera grand d’ici 2030. C’est  ce qui transparaît dans un schéma directeur pour le développement de l’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura réalisé et remis par le CICR à la Regideso lors d’un atelier organisé à cet effet. C’était à Bujumbura jeudi 18 février 2020

Le schéma directeur engagé a pour but de faire un état des lieux du service public de l’eau potable et de proposer les solutions techniques les mieux adaptées pour résoudre les problèmes constatés. Le schéma directeur  relate la situation actuelle du service et définit les solutions à mettre en œuvre pour garantir aux populations actuelles et futures une alimentation en eau en quantité et en qualité satisfaisante. Cette étude a été réalisée avec l’aide  du CICR.

« Le dernier schéma directeur pour l’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura date de 1981. Il a été mis à jour en 1997. Compte tenu de l’augmentation de plus en plus rapide de la population urbaine, il parait indispensable de faire une analyse de réseau existant et des infrastructures en eau potable de la ville et de formuler des propositions par ordre de priorité afin de guider les interventions futures », Rappelle  Philippe Beauverd, Chef de Délégation du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) au Burundi. Il reconnaît cependant que le budget pour la réalisation des travaux constitue un problème majeur.  C’est ainsi, explique-t-il, dans le cadre du partenariat public-privé, la Regideso et le comité internationale de la Croix-Rouge au Burundi se sont convenus de réaliser un schéma directeur d’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura, le bureau d’études SGI ingénierie SA basé à  Genève a été mandaté  pour la réalisation d’une nouvelle  étude. Il indique que Cette dernière a pour but  de définir une stratégie d’alimentation en eau potable à court et à  moyen.

Réseau actuel

Marc Suchet, coordinateur Eau et Habitat au CICR Burundi fait savoir que le réseau actuel d’eau potable comporte 1000 km de conduites et 25 réservoirs.  Il indique que de nombreuses stations de pompages permettent de remonter l’eau produite à partir du lac Tanganyika vers les réservoirs repartis en altitude en direction de l’Est. « L’usine du lac Tanganyika produit 92 % des ressources en eau potable de la ville complétée par le traitement d’eau des rivières des sources en provenance des reliefs environnants », fait-il remarquer. Suchet révèle donc que la zone d’études représente environs 159 Km2 de forme allongée dans l’axe nord-sud d’environ 25 km de longueur.

Marc Suchet, coordinateur Eau et Habitat au CICR Burundi

D’après lui, le réseau d’alimentation en eau potable de la ville de Bujumbura est constitué d’un réseau dense de 28 réservoirs, 33 stations de pompages et près de 1000 km de conduites. M. Marc informe que les réservoirs sont en bon état. De plus, les pompes fonctionnent normalement même si certaines sont actuellement hors services. Ce qui, selon lui, réduit les capacités de certaines stations de pompages.  Le système d’eau potable s’appuie principalement sur la ressource du lac Tanganyika, transférée par pompage successif vers les zones de distribution, rappelle M. Suchet

Demande actuelle  en eau potable en Mairie de Bujumbura

Marc Suchet estime  à 755 000 personnes habitant la ville de Bujumbura en 2018.  Ces dernières consomment  61 500 m3/jour sur  une demande totale de 112 000 m3/ jour tenant compte d’un taux de rendement technique de 55 %. Pour lui, l’ensemble de ces informations sont sans équivoques  pour construire un modèle hydraulique du système d’alimentation en eau potable. « Les premiers résultats de la modélisation confirment l’état des lieux. A l’heure actuelle, le système n’est pas capable d’approvisionner  l’ensemble de la ville de Bujumbura en eau potable 24h /24.

Défis du réseau actuel

« Concernant la production de la ressource en eau, le problème majeur constaté  pour l’usine du lac est le colmatage des filtres pendant la saison pluvieuse liéeà l’augmentation de la turbidité qui diminue la production de l’usine. Il est à noter qu’il n’existe qu’une seule prise d’eau à 3,5 km du rivage et à 25 m de profondeur», déplore Marc Suchet. Il déplore également que la station de traitement de Ntahangwa ne fonctionne plus à 100 %. Cela se justifie par le fait qu’un des réservoirs d’eau traitée est hors service et la station est tributaire des variations de turbidité de la rivière qui augmente en saison pluvieuse.  De plus, ajoute-t-il, l’érosion des sols menace également la prise d’eau et le canal d’amenée situé à l’amont de la station de traitement. Aussi, l’absence de sectorisation hydraulique claire rend le système de distribution actuelle complexe, dans la mesure où il est constitué d’un enchainement de pompage, pour certains connectés à ces zones de refoulement-distribution parfois connectés entre elles. Cette situation est défavorable à la maîtrise du réseau par l’exploitant.

Pallier à ces défis                                  

Pour pallier aux défis du déficit en eau d’ici 20230, le schéma directeur propose  la construction d’une station de traitement au sud de la capitale ou la construction de deux stations de traitement. L’une au nord et l’autre au sud. Il faut également la sécurisation et la diversification de la ressource en eau, l’amélioration de la ressource en eau  ainsi que la protection de la ressource en eau du lac Tanganyika.

De plus, ce schéma note la séparation des systèmes d’Alimentation en Eau Potable de la partie  nord et sud de la Mairie, la sectorisation du réseau (Qu’est-ce que la sectorisation ? La sectorisation consiste à diviser un réseau de distribution en secteurs isolés hydrauliquement et entre lesquels les flux d’eau sont quantifiés), la réduction des fonctionnements en refoulement-distribution. De plus, la formation du personnel en électromécanique, en détection des fuites, en laboratoire d’analyse d’eau, en système de comptage,  en compatibilité analytique et en nouveau logiciel de facturation s’impose.

Selon Marc, en 2030, la population burundaise est estimée à 1 255 053 (hypothèse moyenne). Calculées par quartier, sont appliquées des hypothèses de dotation en eau de 22 à 130 l/ hab. /jour. En relation avec le niveau de standing de chaque quartier, le rendement du réseau  est projeté à 70% en 2030. Les consommations non domestiques sont projetées par des ratios indépendants. Ces projections aboutissement à une demande en eau totale estimée à 152 m3/jour en 2030,  soit près de 40 000 m3/jour de plus que la capacité de production actuelle. « A l’horizon 2040, ce déficit s’élève à 90 000 m3/jour », conclut Marc.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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