Pourquoi faut-il consommer les insectes ?

Dans le but de contribuer à l’augmentation de la sécurité alimentaire des ménages, à l’amélioration de la santé, de  la nutrition et à l’augmentation des revenus des communautés locales et l’adaptation aux changements climatiques, le Professeur Jean-Ajax Ndimubandi, un agroéconomiste indique qu’à part l’apport calorique des insectes qui est de loin supérieur par rapport à d’autres catégories de viandes, les insectes constituent aussi une source importante de revenus

L’étude du FAO sur «Insectes comestibles, perspectives pour la sécurité alimentaire  et l’alimentation animale » effectuée en 2014 indique que  les insectes sont souvent considérés comme une nuisance pour les êtres humains et comme de vrais ravageurs des cultures et des animaux. Cependant, en vérité, ils sont tout autres. Les insectes produisent des aliments pour un faible coût environnemental, contribuent positivement aux moyens de subsistance des populations et jouent un rôle fondamental dans l’équilibre de la nature. Néanmoins, ces bienfaits sont largement ignorés du public. Contrairement à la croyance populaire, les insectes ne sont pas justes des «aliments de famine» consommés uniquement en cas de disette, ou lorsque l’achat et la récolte de «nourritures conventionnelles» deviennent difficiles; de nombreuses populations dans le monde consomment des insectes par choix, principalement du fait de leur goût et de la place bien établie qu’ils occupent dans les cultures gastronomiques locales.

Valeur nutritionnelle des insectes  pour l’alimentation humaine

L’étude note que les insectes sont une ressource alimentaire saine et nourrissante, riche en matières grasses, protéines, vitamines, fibres et minéraux. La valeur nutritive des insectes comestibles est très variable en raison du grand nombre d’espèces. Même au sein d’un groupe d’espèces, la valeur nutritionnelle peut varier en fonction du stade atteint par l’insecte au cours du cycle des métamorphoses, de l’habitat où il vit, et de son alimentation. Par exemple, les teneurs en oméga-3 insaturés et en six acides gras du ver de farine sont comparables à celles du poisson (et bien supérieures à celles du bétail ou du porc), et les teneurs en protéines, vitamines et minéraux du ver de farine sont comparables à celles du poisson et de la viande.

Le Professeur Jean-Ajax Ndimubandi, un agroéconomiste, enseignant à l’Université du Burundi abonde : « Les insectes comestibles constituent une source importante de nourriture, mais leur potentiel pour améliorer les moyens de subsistance et la conservation de l’environnement n’a pas encore été exploité. Les insectes sont très nutritifs. Elles fournissent une forte dose de protéines de haute qualité et contiennent tous les acides aminés essentiels », informe Pr Ndimubandi. Il indique que les insectes  constituent une excellente source de vitamine B12, de fer, de calcium et de magnésium. Il fait savoir que  la teneur moyenne en énergie des insectes est de 460 kcals pour 100 g. C’est au moment où la production mondiale de viande représente 15% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, 25% de la consommation d’eau douce et occupe 75% de la superficie agricole totale, au détriment des forêts.

Pour lui, les insectes comestibles dont les grillons  sont incroyablement efficaces. Ils transforment 25 fois plus efficacement le fourrage en protéines que les vaches. Elles émettent 100 fois moins de gaz à effet de serre et consomment 300 fois moins d’eau. Pour produire 10 kg d’insectes, on a besoin de 12 kg de nourriture et pour produire 10 kg de viande, on a  besoin de 100 kg de nourriture.

Ces insectes sont une source de protéines abondantes et d’une grande valeur nutritionnelle. Elles produisent 2287 KJ pour 550 kcal, 37 g de graisses, 9 g d’acides gras saturés, 5,4 g de glucides, 6,5 g de fibres, 45 g de protéines, 0.37 g de sel et 0 g de sucre. 

Dans une conférence de presse qu’il a animée le 04 janvier 2020 par rapport à l’invasion des criquets pèlerins dans certains pays africains, le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a indiqué que parmi les mesures qui seront prises au Burundi pour combattre ces criquets figurent celui de les ramasser pour une alimentation humaine et animale https://ejoheza.org/le-burundi-pret-a-faire-face-a-linvasion-des-sauterelles-tigres/. 

D’après  Pr Ndimubandi,  au Burundi, il existe différentes sortes d’insectes comestibles couramment consommés dont iswa, igitemvu, intunda, ikinyabobo, insana,inyamuneka,umuvuri,ingorogoro agacumbugu, insenene, imbwabwa, imbwege et  ikindara.

Comment reconnaître un insecte?

Un insecte, qu’il s’agisse d’un criquet, d’une fourmi ou d’un scarabée, est toujours composé de 3 grandes parties : la tête, le thorax, et l’abdomen. Sur la tête, on trouve toujours les deux antennes, qui leur donnent à la fois leur sens du toucher et celui de l’odorat. Et oui, les insectes reniflent grâce à leurs antennes ! Ces deux sens sont généralement ceux qu’ils utilisent le plus. Toujours sur la tête, on trouve bien entendu les yeux et la bouche, qui peut prendre des formes très différentes en fonction de la petite bête. Juste derrière la tête, le thorax est la partie qui porte les ailes et les pattes des insectes.

Si les insectes ont toujours 6 pattes (c’est ce qui fait que les araignées et les scorpions n’en sont pas, car ils possèdent 8 pattes), ils peuvent en revanche avoir soit zéro, soit deux, soit même quatre ailes, qui ont souvent des rôles très variés. Chez certains insectes comme les libellules ou les criquets comestibles, les quatre serviront à voler, et donc se déplacer. Il en est de même pour d’autres, comme les peu agréables moustiques, l’une des paires d’ailes leur sert à se stabiliser en vol. Leurs ailes peuvent leur servir à chanter, voire même à se protéger ! Chez la sympathique coccinelle, la carapace est en réalité une paire d’ailes dures, qui sert à cacher ses ailes souples plus fragiles.

Enfin, l’abdomen est la partie qui contient l’appareil digestif, le cœur, les organes reproducteurs et parfois, le dard.

Insectes toxiques : comment les reconnaître ?

Les insectes ayant des couleurs très vives sont à éviter dans la plupart des cas. La couleur vive d’un insecte est généralement un signe d’une forme de vie toxique. Cela leur permet de décourager leurs prédateurs en affichant sa particularité toxique. La majorité de ces insectes ne piquent pas, mais libèrent certaines odeurs néfastes et nauséabondes à travers leurs réactions chimiques. Parmi ces insectes qui déclenchent une défense chimique, on retrouve certains coléoptères.

Il y a également de  nombreux autres insectes qui sont toxiques parce qu’ils conservent les toxines de plusieurs plantes. Pour cela, les insectes qui se nourrissent principalement des familles de plantes suivantes sont à éviter : les apiacées  (la famille des carottes) et  les Fabacées (la famille des haricots).

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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