Quand la fabrication des briques menacent la rivière Nyabagere

 La fabrication des briques est considérée comme un couteau à double tranchants. Même si son importance est capitale pour les fabricants ainsi que pour les utilisateurs, son impact sur l’environnement est significatif. Cela se remarque essentiellement dans les lieux de fabrication de ces matériaux de construction

En plus de grands fossés qui se remarquent aux environs des lieux où on fabrique des briques, les infrastructures qui y sont érigées risquent de disparaître. Mais, cette fabrication des briques est inévitable car son importance est capitale non seulement pour les utilisateurs, mais aussi pour les fabricants. Malgré cette importance capitale des briques, leur fabrication a des conséquences sur l’environnement si cela ne se fait pas avec précaution. En passant dans les endroits où l’on fabrique des briques, on assiste à de grands fossés dont on ne sait pas comment ils seront bouchés. Ceux-ci causent des fois des effondrements si la place creusée est en pente. La désertification est aussi une autre conséquence liée à la fabrication des briques cuites. Arbres petits et grands, sont systématiquement coupés pour cuire les briques. Comme les briques sont nécessaires à l’Homme, et que l’environnement a besoin d’être protégé, il faut que ceux qui exercent l’activité de fabrication des briques le fassent tout en tenant compte de la protection de l’environnement. Eviter de creuser des grands fossés lors de l’extraction de l’argile et remplacer l’arbre coupé par la plantation d’un autre, cela réduirait les effets négatifs de ce métier sur l’environnement. Les autorités compétentes sont les premières à gérer cette activité qui construit d’un côté et qui détruit d’un autre.

Une activité saisonnière

Au quartier Nyabagere de la zone Gihosha, commune Ntahangwa en mairie de Bujumbura,  plus précisément à l’endroit dit « kumatafari » qui se traduit en français « chez les briques » une activité florissante de fabrication des briques s’observe. Les riverains témoignent que les activités débutent au mois de mai, si tôt après la saison des pluies et ne prennent fin qu’à partir du mois d’octobre avant l’arrivée de nouvelles pluies. Bien qu’il n’existe pas de véritables statistiques sur la production annuelle des briques, l’on estime cette production à plusieurs dizaines de milliers de briques par an. Ce qui représente une importante source d’activités génératrices de revenus directes ou indirectes pour les populations riveraines, à défaut d’emploi.

L’exploitation anarchique de la rivière Nyabagere inquiète

En plus des fossés creusés en hauteur des ravins de la rivière Nyabagere, on observe l’exploitation anarchique des moellons, des graviers et du sable. Ainsi, au fur et à mesure que la rivière est séquestrée, il y a des éboulements qui se produisent pendant la saison de pluie comme pendant la saison sèche. Et, le lit de cette rivière continue de s’épaissir, ce qui inquiète les riverains. Cependant, ces derniers ne savent quoi prendre ou laisser car, disent-ils, même si nous remarquons qu’à la longue, l’exploitation anarchique de cette rivière va causer des dégâts, vaut mieux mourir hier qu’aujourd’hui, disent-ils. Ils indiquent que presque tous les riverains dont les revenus sont faibles y trouvent le pain quotidien.

Un sac de 50 kg de sables et du gravier coûte 300 FBu, soit 0.15 USD.  C’est au moment où une brouette de moellons s’achète à 500 FBu, soit, 0,25 dollars. Même si c’est ainsi, ces riverains demandent au gouvernement de continuer la station des berges de cette rivière. Ils se plaignent que l’Etat se soucie des gens aisés au détriment de ceux ayant une vie précaire ou moyenne. Ils justifient leurs propos par le fait que le gouvernement a stabilisé les berges de cette rivière en commençant par la RN 1 alors que, d’après eux, il devrait commencer par l’amont pour en fin terminer par l’aval.

Notons qu’à  la veille de la célébration de la Journée Mondiale dédiée à l’Environnement et à la Désertification et la sécheresse, Deo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage a effectué une descente de deux jours dans certaines provinces pour se rendre compte de l’état de la dégradation de l’environnement. Le ministre souligne que l’exploitation des carrières et du moellon dans la province de Bujumbura doit être revue. Il indique que même si certains exploitants possèdent des certificats de conformité environnementale délivrés par le ministère, une sensibilisation de toutes les parties prenantes s’avère nécessaire. L’objectif de cette sensibilisation est de voir ensemble ce qui convienne pour mettre fin à cette exploitation anarchique. Le Ministre Rurema encourage l’action de réhabilitation déjà entamée et compte l’étendre dans tout le pays.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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