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Quand la promotion de l’irrigation s’impose pour augmenter la production

En vue d’échanger sur la problématique de l’irrigation au Burundi et ses effets sur la production agricole, le Conseil National des Églises du Burundi (CNEB) a, ce jeudi 25 novembre 2021, organisé  une réunion d’échange à l’intention de certains dignitaires politiques et religieux. C’est dans le cadre du projet : « « Accompagnement des titulaires de droits à une meilleure prise de conscience de leurs besoins par les détenteurs d’obligation ». Ce projet est financé par l’ONG Norvegian Church Aid (NCA).

« L’irrigation agricole au Burundi est un chemin obligé pour sortir des difficultés dues aux changements climatiques tels que l’irrégularité des pluies et la sécheresse qui hantent le pays et qui constituent un frein au développement agricole», indique Jacques SAGNA, Directeur Pays de NCA. Il précise que l’objet de la tenue de la réunion est d’échanger sur la facilitation des agriculteurs quant à l’accès facile et à moindre coût aux kits d’irrigation afin de promouvoir une agriculture irriguée. Cela dans le but d’une  production accrue et continue sur toute l’année. Ce qui, d’après lui, permettra d’augmenter le revenu des agriculteurs et, partant améliorer leurs niveaux de vie.

L’irrigation goutte à goutte, un potentiel pour le Burundi

Certains dignitaires politiques et religieux

 Le Directeur Pays de NCA reconnait que le Burundi regorge d’énormes ressources en eau qui peuvent contribuer dans le développement économique à travers l’exploitation continue des terres sur au moins 3 saisons culturales. D’où il trouve que l’usage des technologies d’irrigations telles que les barrages d’irrigation, détournements de rivières pour une irrigation gravitationnelle, le pompage à partir des réseaux des cours d’eau, des rivières et lacs, l’irrigation goutte à goutte s’impose.

Il regrette cependant que ces technologies restent non accessibles à la population rurale d’une part suite aux reliefs (cas des vallées en V ne pouvant pas bénéficier de l’irrigation par barrage) et d’autre part, par la cherté des coûts d’acquisitions du matériel d’irrigation. A cela s’ajoute la faible implication du secteur privé dans le financement des activités agricoles. Il fait savoir que dans le cadre de son Programme de Renforcement Economique adapté aux changements climatiques,  NCA a fait la promotion d’une irrigation goutte à goutte dans les provinces de Kirundo et Bujumbura rural avec la fourniture de quelques kits d’irrigation.

Il ajoute que l’irrigation goutte à goutte permet également de gérer l’eau disponible, mais aussi réduit le problème de perte des éléments nutritifs par exportation (ruissellement ou infiltration profonde). Néanmoins, dit-il, l’irrigation gravitationnelle ou par aspersion se heurte à nos jours au problème de l’intensité de l’eau qui, non seulement détruit les cultures mais aussi, favorise la destruction de la structure du sol engendrant ainsi la faible fertilité des terres. Il reconnait que cette nouvelle technologie d’irrigation semble ne pas évoluer car la population désireuse reste bloquée par l’acquisition des kits d’irrigation dont le prix ne cesse d’augmenter. Il souligne qu’en une année seulement, un kit qui  couvrait une superficie de 20 mètre cube est passé de 49 000 BIF à plus de 70 000 BIF).

  Associer l’agriculture et l’irrigation  

Jean Damascène Cimpaye, Consultant en train d’exposer

Jean Damascène Cimpaye, Consultant du CNEB sur la problématique de l’irrigation au Burundi et ses effets sur la production agricole trouve que l’irrigation est indispensable dans le développement de l’agriculture et dans la croissance de la production. Et de préciser : « On ne peut pas parler de développement de l’agriculture sans parler l’irrigation vue son importance en période de déficit hydrique». D’après le Consultant, en comparaison avec les autres pays au niveau régional et sous régional, le Burundi affiche une faiblesse technologique d’irrigation, ce qui entraîne une faible production agricole. Il cite l’exemple du Maroc qui connait un déficit en eau mais dont l’irrigation joue un rôle économique non négligeable dans ce pays. « Alors que l’agriculture n’est pratiquée que sur 16% des terres cultivées, elle génère la moitié du PIB agricole et 75% des exportations du secteur », informe M.Cimpaye.  Et, pour arriver à ces résultats, le Maroc a installé plus de 909 petits barrages.

Selon le Consultant, malgré le potentiel des terres irrigables partout dans le pays, l’agriculteur burundais reste incapable de s’approvisionner en équipements    d’irrigation. « La population rurale éprouvait des difficultés financières pour s’approvisionner en matériels et équipements d’irrigation et cela produit le faible taux d’irrigation au Burundi», constate le Consultant. Il trouve donc que le gouvernement ou les partenaires privés doivent mettre à la disposition des agriculteurs et à des coûts abordables les équipements et matériels d’irrigation dans le but de faciliter les exploitants agricoles à s’en procurer.

 L’exonération des équipements d’irrigation s’avère nécessaire

Les participants demandent l’exonération des équipements d’irrigation

Les participants à la réunion reconnaissent que la plupart de la population ne maitrise pas les techniques d’irrigation. Raison pour laquelle ils  demandent que cette dernière soit sensibilisée sur l’usage des technologies d’irrigations.

Pasteur Bizmana de l’Eglise des Amis demande au CNEB et autres associations ou coopératives d’agriculteurs de bien entretenir les canaux d’irrigation mis à leur disposition.

Olivier Sinabikeka est un commerçant des matériels d’irrigation au marché de  Ruvumera. Il signale que beaucoup de matériels et équipements d’irrigation sont très chers car ils sont importés à l’étranger alors les devises font défaut au Burundi.

 Innocent Nsabimana est un agriculteur de la commune Rugombo lui aussi trouve que face à la cherté des équipements et matériels d’irrigation, le gouvernement, à  travers le ministère  de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, devrait mettre sur la liste des produits exonérés, les matériels et équipements d’irrigation.

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