Retrait d’agréments à tous les bureaux de change : « Il y aura des contrôles partout »

Suite au non respect généralisé du contenu du circulaire relative à la marge à appliquer dans leurs opérations et à la protection de la profession de change ainsi qu’aux conséquences néfastes que ce manque du respect de réglementation cause à l’économie nationale, la Banque de la République du Burundi (BRB) a pris une décision de retirer l’agrément de tous les bureaux de change a partir du 15 février 2020. Cela a été précisé dans une conférence de presse de ce lundi 10 février 2020.

« Avant la prise de cette décision, la BRB a fait des réunions de consultation et de concertation avec les propriétaires des bureaux de change étant donné qu’il s’observait une flambé fulgurante du taux du dollar par rapport au franc burundais », rappelle Jean Ciza. Ce qui, d’après lui,  amenait à ce  que  la dépréciation du Francs burundais sur le marché parallèle devenait presque insupportable. Ainsi, explique-t-il, il y a eu la fixation des marges de manière concertée avec les bureaux de change. De plus, la BRB a édictée une circulaire y relative. « Mais, malgré les réunions d’explication, les bureaux de change n’ont jamais suivi les mesures qui étaient dans la circulaire. Si vous vendez des devises sur le marché, au niveau des bureaux de change ils appliquaient le taux acheteur convenu avec la banque centrale mais si vous voudriez acheter des devises, c’était autre chose, tantôt on vous dites qu’il n’y a pas des devises sur le marché ». Néanmoins, en fonction de la manière dont vous négociez,  vous pouvez avoir ces devises. « Ça perturbais d’abord le marché et la banque centrale ne pouvait  pas supporter cette façon de faire des bureaux de change. C’était comme si la BRB avait failli à ses missions ». Et la banque centrale de confier cette mission aux banques commerciales.

Dans une circulaire relative à la marge à appliquer par les bureaux de change sortie le 17 septembre 2019, la BRB exigeait que tout bureau de change doit fixer un taux de change journalier qui se réfère aux taux officiels d’achat et de vente de la Banque centrale et en ne dépassant pas une marge bénéficiaire de 15%. De plus, cette  date a été aussi une  occasion pour la Banque de la République du Burundi de réviser  la Réglementation des Changes qui était en vigueur depuis juin 2010 .  

Les raisons à la base de cette révision sont, selon Jean Ciza, le souci d’adapter la Réglementation des changes aux réalités du moment et la correction des lacunes observées, notamment au niveau des mécanismes de contrôle et de suivi de même que dans le domaine des sanctions.

Les Bureaux de change devraient en outre remettre au client un bordereau attestant l’achat ou la vente des devises. « A tout moment, une copie du bordereau peut être demandée par les services en charge du contrôle des bureaux de change », explique Prosper Ngendanganya, directeur de la supervision bancaire, de la stabilité et l’inclusion financière à la BRB dans une conférence de presse qu’il a animée le 15 novembre 2019.

Les Bureaux de change devraient acquérir un logiciel de gestion des bureaux de change auprès de la BRB ; et devraient acquérir le logiciel de gestion «  Burex » de la BRB pour le suivi et évaluation de leurs activités.

Le Gouverneur de la Banque Centrale tranquillise

Jean ciza annonce que seuls les bureaux de change ouverts par les banques sont autorisés à  assurer le change manuel des devises contre la monnaie nationale. S’agissant des inquiétudes sur l’aggravation de la situation des devises sur le marché, Jean Ciza précise que la BRB, dans ses missions a l’obligation de veiller à la stabilité des prix et sauvegarder la valeur de la monnaie nationale.

 « Les banques commerciales ont une éthique et sont réglées par la banque centrale. Nous suivrons de près l’action des banques plus que l’action des bureaux de change », précise le Gouverneur dela banque centrale. Il trouve qu’avec le retrait d’agrément des bureaux de change, le public pourra se rabattre aux banques qui pourront subvenir à leurs besoins. « La BRB est là pour suivre de près afin qu’il y ait une satisfaction du public auprès des bureaux de change ouverts au sein des banques commerciales ».

Selon Jean Ciza, avant le retrait de l’agrément de tous les bureaux de change, une bonne partie des devises circulait dans le noir. Avec cette mesure, ces devises vont passer par les banques commerciales. « Il y aura des contrôles partout », promet-il. Et d’ajouter que la BRB va appuyer les banques commerciales à subvenir aux besoins du public qui va solliciter les devises et cela tout en sachant que la monnaie ayant cour légal  sur le territoire national est le Franc Burundais.

Il appelle les importateurs de ne pas passer par le marché noir mais plutôt de passer par les banques « parce qu’il doit y avoir un contrôle ex-poste pour expliquer où ils ont trouvé les devises avant de les autoriser à dédouaner ».

Pour ce, la BRB a demandé aux propriétaires des bureaux de change d’enlever les pancartes dont les écriteaux portent le nom du bureau de change.

Recommended For You

About the Author: Bruce Habarugira

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une