Societé

« Umoja ni Nguvu » : Une plateforme pour mener un plaidoyer

Dans le but d’identifier les actions à mener pendant cette période de la pandémie de coronavirus et les actions de plaidoyer à mener pendant cette même période, la plateforme  « Umoja ni Nguvu »  a organisé  une réunion y relative ce jeudi 17 juin 2021 à l’endroit des commerçantes qui font le commerce transfrontalier sur la frontière Gatumba-RD Congo

 « L’objectif de la réunion de la plateforme « Umoja ni Nguvu est » de pouvoir identifier les actions de plaidoyer à mener pendant cette période de la pandémie covid-19 sur les frontières, mais aussi auprès des autorités administratives. C’était aussi l’occasion de voir comment nous pouvons nous approprier les mesures déjà prises par le gouvernement pour que toutes les femmes qui pratiquent le commerce transfrontalier puissent le faire en toute tranquillité », précise Bienvenu Hicuburundi, coordinateur du projet « Mupaka Shamba Letu », un projet logé au niveau de l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (AFRABU).

M.Hicuburundi  indique qu’auparavant, les femmes commerçantes travaillaient en associations ou individuellement. Mais, avec la pandémie de covi-19, il s’est révélé impossible que ces femmes continuent à travailler ainsi, car elles rencontrent pas mal de défis liés à leur travail quotidien sur la frontières d’autant plus que parmi les mesures prises par le gouvernement pour empêcher la propagation du virus figurent la fermeture des frontières. Ceux qui, d’après lui, entravent le commerce transfrontalier car, les commerçantes ne peuvent pas traversées la frontière en masse. Raison pour laquelle elles ont jugé bon de créer une plateforme pour faire un plaidoyer. Il se dit confiant qu’avec cette plateforme, les autorités administratives et migratoires peuvent autoriser la traversée de quelques  individus pour accompagner les marchandises sur les deux frontières. Il annonce d’ailleurs que  dans ce cadre, un projet de vente et d’achat groupé  va être mis sur pied afin de faciliter le commerce transfrontalier sans toutefois propager la pandémie. « Du moment que les frontières sont momentanément fermées alors que ces commerçantes doivent continuer à nourrir leurs familles, il leur est devenu difficile de pratiquer le commerce. Et, lorsqu’il faut agir individuellement, faire entendre votre voix devient difficile. C’est pourquoi les femmes qui, jadis étaient regroupées au sein des associations se sont vu obligé de créer une plateforme pour faire entendre leur voix comme une seule personne ayant une même vision », fait savoir M. Hicuburundi.   C’est aussi dans le souci de renforcer la coopération, l’amour et la paix au sein des membres de la plateforme,  ajoute-t-il.

Sur quoi le plaidoyer  va-t-il porter?

« Au moment où nous sommes à la 3eme  année du projet, nous sommes en train de voir comment structurer et consolider les efforts à travers les organisations qui regroupent les femmes issues de différentes associations ou coopératives pour fédérer toutes les énergies afin d’avoir une force pour mener les actions de plaidoyer au niveau local, national et régional », souligne M.Narcisse Zihindura, manager du projet «  Mupaka Shamaba Letu »  dans la Région des Grands . Comme il l’indique, c’est dans le souci d’aboutir à l’amélioration des conditions d’exécution des activités commerciales par les petites commerçantes. Et, pour y arriver il faut que ces femmes soient préparées et soient en mesure d’engager des séances d’échanges et de réflexion  avec les autorités pour avoir les meilleures conditions de travail dont les facilitations en matière des droits de douanes et les meilleures conditions de traversée.

D’après lui, le plaidoyer va porter sur les différentes formes de tracasseries auxquelles les femmes petites commerçantes transfrontalières font face. Il cite notamment des tracasseries liées à la traversée de frontières, les documents exigés, la méconnaissance des lois régissant le commerce transfrontalier.  Il va porter également sur les perceptions d’argent illégales pratiquées par certaines personnes sur la frontière. M.Zihindula parle aussi des tracasseries sur la route menant vers la frontière allant même à se voir dépouiller de leurs marchandises. Les femmes petites commerçantes  sont  aussi victimes de violences physiques. Et c’est à la plateforme de porter toutes ces doléances aux autorités administratives et migratoires. Il est également un problème lié à un petit capital dont disposent ces commerçantes.

Il revient également sur la question des 30 $ USD exigé  par le gouvernement du Burundi pour faire passer un test Covid-19 avant de franchir la frontière Congo-Gatumba. Pour lui, cette question va faire aussi objet de plaidoyer car, jusque maintenant, d’après les commerçantes congolaises, la frontière « reste fermée ». Elles expliquent que trouver 30 $ alors qu’elles disposent d’un capital gravitant autour de 50 $ n’est pas chose facile. « Exiger une telle somme revient à faire tomber en faillite les commerçantes ». Il ajoute qu’avant la fermeture des frontières, il passait sur la frontière Gatumba entre 10 000 et 15 000 personnes par jour, actuellement il passe 1% d’entre elles. Ainsi, il demande au gouvernement du Burundi de revoir cette mesure afin d’offrir un commerce équitable sur les deux frontières.

 Mme Ahishakiye Pulchérie est présidente de la plateforme. Elle indique que la mise en place de cette dernière constitue un élément essentiel de plaidoyer. Et,  comme le demande le gouvernement, et selon l’adage français «  l’union fait la force », personne ne peut se développer en vase clos. Raison pour laquelle cette plateforme constitue un tremplin pour le développement en général, mais en particulier le développement du commerce transfrontalier exercé par les femmes petites commerçantes, dit-elle.

Fulgence Manirahinyuza, secrétaire de la plateforme indique qu’à travers la plateforme, les autorités administratives, migratoires et les hautes autorités seront saisies pour assainir le climat des affaires chez les femmes commerçantes transfrontalières.  Et, surtout dans ce contexte de la pandémie de covid-19.

Rappelons que le projet « Mupaka Shamaba Letu » est mise en œuvre au Burundi par l’AFABU en collaboration avec l’International Alert sous financement de la Suède et de la Swisse.

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