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Une gestion et une utilisation responsables des TICs s’imposent

En vue de préparer les états généraux de la communication, le ministère de la Communication, des Technologies de l’Information et des médias a, du 17 au 18 février 2022, organisé une retraite y relative. Dans cette retraite préparatoire, il a été constaté que les réseaux sociaux constituent un espace infini de communication mais qui n’est ni à rejeter ni à idolâtrer comme la solution à toutes les difficultés de la presse. Raison pour laquelle une utilisation et une gestion responsables de ces derniers s’imposent.

« Le secteur des TIC présente une évolution très rapide et exponentielle, mais le cadre légal reste lacunaire. Ce qui expose les consommateurs et impacte économiquement le pays », indique Rosine Gatoni, directrice générale des TICs au ministère de la communication, des Technologies de l’Information et des médias.

Rosine Gatoni, directrice générale des TICs au ministère de la communication, des Technologies de l’Information et des médias

Selon Rosine Gatoni, certains projets de textes nécessitent une mise à jour, d’autres doivent être mis en place notamment le projet de loi portant code des communications électroniques et des postes,  le projet de loi sur  les transactions électroniques, le projet de texte sur la cybersécurité, le projet de decret portant protection des consommateurs des produits et services de communications électroniques au Burundi, le projet de decret fixant les modalités d’encadrement des messages publicitaires et d’information  aux consommateurs de service de télécommunications.

Mme Gatoni trouve que d’autres textes doivent être mis à jour. Il s’agit notamment du projet de texte sur la qualité de service et l’expérience pour les services de TICs au Burundi, le projet de loi portant protection des données à caractère personnel, le projet de loi sur la protection des enfants en ligne à l’ère  du numérique et stratégies large bande, etc.

Des opportunités, mais aussi des défis

La directrice générale des TICstrouve que dans le secteur des TICs, il y a plein d’opportunités qu’il faut exploiter.  Elle précise notamment la volonté politique de digitaliser le pays, une couverture nationale en réseaux fibre optique haut débit, la couverture mobile élevée (95%), l’intégration des TICs dans le programme scolaire et la présence d’un point d’échanges internet au Burundi.

« D’autres opportunités majeures des TICs au Burundi à capitaliser sont entre autres un terrain presque vierge qui est un facteur d’attraction de l’investissement, l’existence du dorsal national à fibre optique dans presque tout le pays, etc »,  informe Rosine Gatoni.

Cependant, dit-elle, le secteur connaît aussi des défis. Elle fait savoir que le secteur TIC est caractérisé par une faible capacité des terminaux, un fossé numérique entre milieux urbains et ruraux, un faible niveau d’alphabétisation numérique de la population et cadre règlementaire lacunaire, une insuffisance des compétences numériques, mais aussi le manque de la culture numérique.

Anicet Niyonkuru, Secrétaire permanent au ministère de la communication, des Technologies de l’Information et des médias

Anicet Niyonkuru, Secrétaire permanent au ministère de la communication, des Technologies de l’Information et des médias indique que les états généraux de la communication et des Médias se tiennent une fois les 10 ans. Ce haut cadre du ministère fait savoir que durant les 10 ans qui viennent de s’écouler, trop d’événements dans le secteur des Médias sont  passés. Il précise que l’Internet a été introduit au Burundi depuis 1996 et reste en grande partie un canal de communication limité aux centres urbains. Il déplore cependant que bon nombre de burundais n’y ont pas accès. Il se félicite quand même que certains organes de presse essaient de s’adapter et réagissent en mettant en place des espaces électroniques permettant d’être en relation avec les publics.

Les réseaux sociaux, un espace infini de communication à capitaliser

« L’Internet a donc permis aux journalistes d’utiliser les réseaux sociaux à la fois pour  chercher l’information et  pour communiquer, mais également pour repérer des personnes-ressources, faire la promotion de leurs médias ou de leur travail individuel », explique M. Anicet Niyonkuru. Il fait savoir que les réseaux sociaux constituent un espace infini de communication,  mais qui n’est ni à rejeter ni à idolâtrer comme la solution à toutes les difficultés de la presse. « On y trouve de la sincérité et du lobby, de la chair et du sang, de l’espionnage, toutes les rumeurs de la planète », dit-il. Il demande aux utilisateurs de savoir marier l’instantanéité à la vérification des contenus.

Gérard Nsabimbona, un consultant appelle tout citoyen à utiliser les nouveaux médias de manière patriotique, intelligente, professionnelle et légale. Actuellement, dit-il, ces médias peuvent prendre une ampleur démesurée vu le développement des moyens modernes de communication. Ce qui revient à juger de la véracité de l’information quel qu’en  en soit la source, surtout quand elle ne provient pas d’une source autorisée et connue d’avance. Sur ce, suggère-t-il, il faut renforcer les lois, les organes de régulation des médias et de contrôle des télécommunications afin de bien identifier les auteurs d’intox afin de les contrecarrer.

Des recommandations pour une gestion responsable des médias sociaux

Les participants à la retraite reconnaissent l’importance des TIC comme le moteur de développement. Pour une utilisation responsable, ils recommandent  la sensibilisation de toutes les parties prenantes à l’utilisation efficiente et responsable des réseaux sociaux et de tous les autres canaux de communication, pour contrecarrer l’intoxication et la déstabilisation, et ainsi contribuer à la consolidation de la paix. Ils recommandent également aux citoyens, aux médias et aux institutions à acquérir une maitrise technique de l’exploitation des réseaux sociaux et autres canaux modernes d’information et de communication. Pour eux, pour combattre les mensonges, il faut réunir des preuves solides, bien vérifiées et documentées. Il faut aussi  citer les sources fiables.

Les médias quant à eux, sont demandés à promouvoir les informations à contenu informatif plutôt que le sensationnel, renforcer les capacités techniques pour une maitrise des moyens de communications, diffuser des informations équilibrées et les relayer à travers les canaux de communications reconnus. Il a été constaté que l’éthique et la déontologie professionnelle ne suffisent pas à rendre un journaliste compétent au service de l’intérêt public, mais le respect des normes et principes édictés pour l’exercice d’une profession constituent des conditions nécessaires.

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