Vers un probable délai de grâce

Au moment où le décret présidentiel portant interdiction de l’importation, de la fabrication, de la commercialisation et de l’utilisation des sachets et d’autres emballages en plastique entre en vigueur à partir du 08 février 2020, au  niveau du ministère de l’environnement,  l’on indique qu’un probable délai de grâce soit accordé si on le juge nécessaire. C’est du moins les propos de Berchmans Hatungimana, le directeur général de la protection de l’environnement au sein de ce ministère

M.Hatungimana indique que depuis peu, le ministère de l’Environnement a mis sur pied une commission chargée d’évaluer la mise en œuvre du décret présidentiel. Dans les descentes qu’elle a effectuées sur les postes frontaliers, à l’Office Burundais des Recettes (0BR) et à l’aéroport, la commission a constaté que l’importation  des sachets non biodégradables a sensiblement diminué  après la signature du décret. Elle indique cependant que même si elle a diminué, il y a encore des sachets dans les stocks. Il précise : « Seuls les importateurs qui ont obtenu une autorisation spéciale ont continué à importer les sachets ». M. Hatungimana fait remarquer que cette autorisation est actuellement suspendue sauf en cas de force majeure. 

Pour les stocks qui ne seront pas encore écoulés  après la date butoir de mise en application effective du décret, Hatungimana estime qu’au ministère de l’environnement, il  y aura d’autres textes d’application qui accompagnent la mise en œuvre de ce décret. Il estime également qu’il y aura un de grâce supplémentaire :  « Je ne dirai pas peut-être, il y aura un délai supplémentaire mais, nous allons attendre l’injonction du ministre. Si le ministère décide la mise en application effective de ce décret, l’OBPE compte collaborer avec les agents de l’ordre pour une mise en application effective du décret, mais  je suppose qu’il y aura des textes d’application pour  sa mise en œuvre ».

A la question de savoir quel est le sort  réservé aux sachets se trouvant dans les stocks, magasins  et boutiques après le 08 février 2020, le directeur général de l’OBPE indique que c’est le ministère en  charge de la mise en application de ce décret qui va en déterminer le sort. Pour les sachets et emballages non biodégradables déjà utilisés qui sont  éparpillés partout dans le pays, M. Hatungimana précise que ces derniers seront collectés pendant les travaux communautaires de jeudi dédié à l’environnement pour enfin être recyclés en d’autres objets. Il reconnaît que l’utilisation des sachets biodégradables n’est pas d’habitude dans ce pays. Raison pour laquelle, il estime que les emballages biodégradables de substitution ne soient pas suffisants. D’où, il invite les investisseurs qui injectaient des fonds dans la fabrication ou la commercialisation des sachets de les orienter dans  la fabrication des emballages biodégradables pour arriver en fin à satisfaire les commerçants et les acheteurs. Il souhaite qu’ils vont produire des sachets biodégradables.

Les commerçants et les acheteurs s’inquiètent

Dans une descente qu’il a effectuée dans les boutiques et marchés de la mairie, le journal Ejoheza News a constaté que les sachets en plastique sont toujours rangés parmi les articles à vendre mais en quantité insuffisante, en témoigne le prix de ces sachets qui a augmenté.

Les commerçants et les acheteurs se demandent cependant si la mesure sera effective au moment où les emballages de substitution restent presque absents sur le marché. De plus, les commerçants indiquent que le prix de ces emballages est plus élevé par rapport au prix du sachet. D’où, disent-ils, au regard du pouvoir d’achat de la population, peu de gens serait à mesure de s’en procurer. Il recommande donc aux fournisseurs  de ces derniers à  fabriquer des emballages biodégradables pouvant être obtenu à des prix abordable. Les commerçants et les acheteurs recommandent également aux fournisseurs des emballages biodégradables de diversifier les emballages jusque même aux emballages pour viande, poissons frais,  l’eau, l’huile, etc.

Conséquences des emballages non biodégradables sur l’environnement

Selon plusieurs études, les sachets plastiques, dont la durée de vie varie entre 100 et 400 ans en fonction des conditions, ont des effets nocifs sur la faune et la flore aquatiques. En effet, les sachets plastiques, dans le milieu aquatique, provoquent une modification des écosystèmes. Cela, en empêchant la lumière, pourtant nécessaire pour la photosynthèse des organismes végétaux, de pénétrer dans l’eau. Conséquence, le développement des plantes aquatiques prend un coup, la vie des animaux herbivores aussi. Les sachets plastiques constituent un danger pour les grands animaux marins notamment les tortues, les cétacés et les thons qui les étouffent ou les étranglent. Pour réduire ces sachets dans l’environnement, les populations procèdent à leur incinération. Pourtant les produits de l’incinération des sachets plastiques sont du gaz carbonique et de la vapeur d’eau, renforçant l’effet de serre et contribuant au phénomène de réchauffement climatique. De plus, la mauvaise gestion des sachets plastiques peut également provoquer des inondations.

Conséquence sur la santé

Produit à base du pétrole et plusieurs autres composants, le sachet plastique constitue une grande menace pour la santé des êtres humains. La fumée produite par l’incinération des sachets plastiques contient des dioxines cancérigènes surtout «quand les aliments sont chauds».

Recommended For You

About the Author: Mathias Ntibarikure

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Covid-19

Mwirinde Corona

Actualités à la une