YCA- B-MEN : Engager les hommes et les garçons pour une égalité de genre

Dans le but d’évaluer l’état d’avancement de la lutte contre les violences basées sur le genre, Youth Carmel Association «  YCA », en collaboration avec le réseau Burundais MenEngage (B-Men)  a organisé un atelier de réflexion sur le genre et la masculinité positive. C’était mercredi 21 janvier 2021

MenEngage Alliance, un réseau mondial d’ONGs et d’organisations des Nations Unies travaillant à susciter la participation des hommes et des garçons dans la promotion de l’égalité des genres. Etant donné que c’est une réalité mondiale de l’inégalité de genre et de la violence sexuelle, les hommes doivent s’engager activement pour promouvoir les droits des femmes et mettre fin à l’épidémie de violences perpétrées principalement par les hommes dans le monde.

D’après Ignace Niyonzima, consultant, le déséquilibre du pouvoir qui facilite la violence sexuelle commence à la maison. Quand les jeunes hommes voient leurs pères en position dominante, ils imitent leurs comportements et intériorisent la dynamique qui voudrait que les hommes aient le dernier mot sur les femmes. Pour lui, ce modèle est renforcé par les conversations que nous menons avec nos amis qui réduisent les femmes à des objets ou à des conquêtes.

M.Niyonzima souligne qu’au sein de B-men, ils travaillent activement à traiter la racine du problème de l’agression sexuelle en lançant des initiatives innovatrices au niveau national. Cela passera par la sensibilisation des garçons à leur jeune âge afin de leur montrer que les filles et les garçons sont les mêmes. « Nous devons soumettre les filles et les garçons aux mêmes travaux et au même traitement », dit-il. Il indique d’ailleurs qu’actuellement, les secteurs qui étaient, jadis réservés aux hommes sont actuellement infiltrés les femmes. Il s’agit de l’armée, de la police, de la construction, du football, etc. Ce qui démontre à suffisance que les hommes et les femmes sont égaux. Il précise cependant que la masculinité a rendu les hommes égoïstes. 

M. Niyonzima estime qu’une campagne pour une paternité saine s’impose car, cela change les dynamiques au sein des foyers, ce qui transforme la vie des femmes, influence l’avenir des enfants et aide les hommes à devenir des êtres respectueux qui soutiennent l’égalité des genres chez eux et dans la société en général. « A court terme, nous pouvons réduire le nombre de femmes qui endurent des violences de la part de leur partenaire, et à long terme, nous pouvons permettre aux garçons de grandir dans un foyer qui encourage les comportements sains, afin qu’ils n’apprennent pas à se comporter en agresseurs », conclut-il.

Ubuntu, pour une masculinité positive

La masculinitéest la manière dont les hommes définissent leur identité en tant qu’hommes en fonction de ce que l’on sait à propos du genre masculin, de ce qui est attendu des hommes par la société et de ce que chaque individu définit selon ses propres sentiments, ses intérêts et ses connaissances. Pour Mme Anne Spés, une masculinité positive est bâtie sur « Ubuntu » ou les valeurs universelles. Pour elle, la masculinité positive est celle qui est dépourvue de violences, d’injustice, de viols, de l’harcèlement et d’autres méfaits. Comme elle l’indique, la vérité, la droiture, la paix, la non violence et l’amour constituent l’ubuntu. A côté  des valeurs universelles, il y a des valeurs additionnelles dont l’équité, la justice sociale, le patriotisme, la liberté, la citoyenneté auxquelles on ajoute la dignité, le travail bien fait et la compassion.

Mme Anne indique qu’à côté des valeurs additionnelles, il y a des valeurs qui accompagnent le changement social. Ces dernières sont le courage, l’honnêteté, la simplicité, l’humilité, la tolérance, la persévérance, la tempérance, la patience, la justice et l’obéissance.

Où en est-on avec l’égalité de genre au Burundi ?

Augustin Niyongabo, coordinateur National de B-Men se dit satisfait du pas déjà franchi. Il regrette cependant que le chemin reste encore long. Pour lui, le changement demande un temps suffisant. Il précise que les hommes restent retissant par rapport à la masculinité positive. Certains pensent que s’ils adhérent à ce processus d’égalité homme-femme, ils perdent leurs masculinités. Ce qui, d’après lui,  parait  incorrect.

Selon M.Niyongabo, la culture burundaise constitue une barrière à la masculinité positive et à une société égalitaire. Les femmes se sentent toujours inferieures aux hommes et n’osent pas réclamer leurs droits. Et celles qui le peuvent se retrouvent entravées par  leurs  paires.  

« Ensemble, nous tous, de toute identité de genre, nous pouvons agir pour créer un monde plus sûr et plus juste qui respecte les femmes », conclut M.Niyongabo.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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