Zone Économique Spéciale : Où en est- on avec les travaux ?

Après trois ans, la période à laquelle le Burundi devrait avoir sa Zone Économique Spéciale (ZES), la réalité est autre. Sur  quatre projets qui devraient être exécutés, aucun d’eux n’a jusqu’ici été exécuté sauf la délimitation du terrain. Actuellement, un chantier du marché est en cours dans la ZES-A. cependant, deux  défis majeurs entravent les activités. Il s’agit de l’impraticabilité de la voirie menant vers le site et l’inondation du site

Situé dans la province de Bujumbura, commune Mutimbuzi en zone Gatumba, le site Warubondo qui abritera  la Zone Économique Spéciale couvre une superficie de 5,43 Km carré sur un territoire de 536 ha. Au Nord et à l’ouest, il est délimité  par la réservé de la Rukoko. Il est traversé par une route en terre qui mène vers Sororezo. Cependant cette route entrave les activités d’aménagement de ce site. Déviant de la RN4 (chanic-Gatumba), cette route est impraticable. Que ce soit à pied ou  vélo, en voiture ou à moto, passer par cette route est un casse-tête. Les boues se trouvant sur les jambes des piétons qui ont pataugé témoignent de l’état de cette voirie. Dans cette dernière, des étangs d’eau s’observent. Suite au passage répétitif des véhicules dans cette voirie, elle est devenue boueuse. En témoignent les véhicules qui ne passent à moins d’être remorqués. Certains y sont embourbés. D’autres sont tombés et ne sont plus récupérés. L’exemple typique est celui d’un containeur d’un camion immatriculé  RDC qui est renversé, pneus en l’air.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres, disent les français. Le long de cette voirie, se sont développées certaines activités génératrices de revenus. Il s’agit de la commercialisation des beignets, de la bière de sorgho mais aussi de la nourriture. Des enfants, des jeunes et des vieux passent des heures  le long de cette voirie en attendant qu’un véhicule passe. Et, une fois qu’un véhicule s’embourbe, un signe de sourire se lit sur leur visage et se presse  à intervenir. Soit pour décharger le véhicule ou le pousser, cela moyennant paiement. Des pierres, du sable, des graviers sont à la disposition de ces hommes. Ces matériaux sont mis dans la boue pour atténuer sa virulence.

Une zone inondée

L’autre défi du site Warubondo est que, d’après Ir Joachin Butoyi, chef de chantier du marché en construction dans la ZES-A, c’est que, en plus d’être marécageuse, elle est comprise dans les zones humides. Sur ce, pendant la saison pluvieuse, elle est tellement inondée.

Dans le périmètre de ce site, des points et étangs d’eau s’observent, ce qui entrave es travaux

Lors de notre visite, nous avons constaté que dans le périmètre de ce site, comme en dehors de cette dernière, des points et étangs d’eau s’observent. Certains même coulent au moment où d’autres stagnent. Les voies de communication sont jonchées d’eau, telle une rivière.  Puisqu’ elle est marécageuse et humide, elle offre une zone de pâturage par excellence. Des centaines de vaches y broutent.

Un chantier d’un marché  dans la ZES-A

Dans le périmètre de la ZES-A, un chantier d’un marché en construction s’y observe. L’état d’avancement des travaux montre que les travaux sont au début. M.Butoyi, le chef de ce chantier indique qu’il s’agit d’un marché ordinaire de 5 échoppes. Ces échoppes qui abriteront chacune 18 boutiques. Il fait savoir que le marché aura aussi un hangar, un abattoir, des toilettes et un bureau du commissaire de ce marché.

L’état d’avancement des travaux de ce marché sont au stade embryonnaire

Débutés, le 16 mars 2020, les travaux de construction de ce marché  devraient durer 3 mois, précise Ir Butoyi. Cependant, il craint que les travaux puissent perdurer suite à la mauvaise qualité de la voirie aggravée par l’inondation de ce site.  Comme nous l’avons constaté, suite au mauvais état de la route, les camions qui transportent les matériaux de construction n’atteignent pas le chantier. Sur ce, le ciment, le sable, le gravier et les moellons sont transportés à vélo, le seul moyens accessible à cet endroit. Et Joachin de lancer : « En combien de temps, les travaux se termineront alors que les matériaux sont déplacés à vélo ». Il précise que  le gouvernement est au courant des conditions dans lesquelles ils travaillent. Raison pour laquelle, il ne doute pas que la durée des travaux pourrait être prolongée.

« Dans trois ans, une opérationnalisation des  activités principales »

Le mardi 6 février 2018, le ministre de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme d’alors M. Célestin Ndayizeye avait indiqué que depuis deux mois, un comité mixte composé d’experts burundais et d’experts de Dubaï au sein de la société Procerv, ont travaillé  pour mettre sur pied les clauses d’orientation pour le développement harmonieux de l’industrie et le commerce tant intérieur qu’extérieur. Il avait ajouté : « Avec ce rythme bien soutenu, dans trois ans, il y aura opérationnalisation de tout ce qui est prévu comme activités principales dans cette zone de Warubondo ».

Signalons que quatre projets devraient être exécutés dans le cadre de la Zone Économique Spéciale. Il s’agit de la construction d’une clôture et de la viabilisation du site, de la construction d’un barrage hydroélectrique et solaire, de la construction des hangars industriels ainsi que le captage d’eau par forage.

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About the Author: Mathias Ntibarikure

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